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LES VERRUES

Photo de l\'auteur
par Catherine Gaucher
( Docteur, dermatologue homéopathe lasériste)


Spécialité de l'article : Dermatologie (acné,rosacée, cicatrices, herpès)

Parution du 2011-02-09   pour la lettre n° 58

     Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale dues à la contamination de la peau par un virus de la famille des HPV (Human Papilloma Virus). Il en existe plusieurs sortes : planes, plantaires dites « myrmécies », papillomes verruqueux etc.
     L’apparition d’une verrue nécessite la réunion de plusieurs facteurs :

  • le contact avec le virus (dans les milieux humides, piscines, balnéothérapie, thermes etc.) ;
  • la colonisation de la peau par le virus, qui demande une brèche dans la barrière de défense cutanée (une peau humide ramollie ou une petite égratignure peuvent suffire);
  • l’absence de défenses immunitaires adaptées chez le sujet réceptif : il s’agit du terrain que les homéopathes nomment « sycotique ». Il est particulièrement actif chez les personnes présentant un déficit immunitaire (par exemple au cours de traitement immunosuppresseurs chez les greffés). Signalons que le stress est un des facteurs de dépression immunitaire relative.

LE PROCESSUS DE FABRICATION DE LA VERRUE
         Pour comprendre les verrues, il faut connaître l’anatomie de la peau et le fonctionnement du renouvellement de ses cellules. En effet, le virus HPV se glisse à l’intérieur du noyau cellulaire et ordonne ainsi à la cellule de l’épiderme de se multiplier sans discontinuer, ne tenant plus compte du fait que la peau doit rester lisse en surface. L’information que reçoivent normalement les cellules épidermiques d’arrêter leur multiplication lorsque la surface est lisse et la plaie comblée, n’existe plus ici. Les cellules se multiplient indéfiniment, ce qui produit une excroissance sur la peau, ou une sorte de « clou » qui s’enfonce à l’intérieur de la peau lorsque l’extension vers l’extérieur n’est pas possible. La tumeur ainsi constituée évolue ensuite par elle-même et possède son propre système d’alimentation vasculaire, ce qui explique pourquoi l’on dit qu’il ne faut pas faire saigner une verrue au risque de la voir se développer plus vite encore. Cela démontre aussi pourquoi les lasers vasculaires, complètement dénués d’effet secondaires sont efficaces. Nous leur donnons la priorité du choix des divers traitements lasers, les seuls utilisés jusqu’ici étaient des lasers chirurgicaux traumatisants et douloureux.


LES TRAITEMENTS UTILISÉS
         Dans le traitement des verrues, les techniques que nous utilisons sont dites non invasives, non agressives, souvent peu développées, dans les milieux médicaux. La majorité de nos patients est traitée par l’association de plusieurs procédés qui méritent d’être mieux connus, particulièrement chez les personnes sensibles et réactives.
D’après les sources officielles, les verrues disparaissent spontanément dans 65 à 72 % des cas en deux ans. Seules sont à traiter celles qui font mal et qui représentent une gêne esthétique ou fonctionnelle. Les traitements de référence des verrues vulgaires sont les suivants (d’après un article anglais de Cambridge de 2001) : acide salicylique à 2,5 % dans de la vaseline pour les verrues du visage, bléomycine intralésionnelle,
cryothérapie (azote liquide) : 15 à 20 secondes x 3 séances, une fois mois, chirurgie. Les autres traitements n’auraient pas fait leurs preuves, d’après cet article;
On parlera de verrues résistantes dans les circonstances suivantes : si elles ont résisté à des traitements bien conduits depuis plus de deux ans ou si elles ne peuvent être traitées par les méthodes classiques (exemple :les verrues qui siègent autour des ongles chez l’enfant) et représentent une gêne fonctionnelle ou esthétique
importante.
Notre principale motivation: Ne pas faire souffrir inutilement les enfants.

L’HOMEOPATHIE
Pathologie cutanée bénigne d’origine virale, donc contagieuse, les verrues sont un des domaines où l’homéopathie a la réputation d’être efficace, tout au moins en ce qui concerne l’opinion publique, car les articles récents consacrés au sujet classent encore l’homéopathie dans la catégorie « divers et variés », au milieu de traitements dont l’efficacité n’est pas prouvée. Ceci s’explique par l’absence d’études cliniques
sérieuses. On doit, il est vrai se garder d’un trop grand enthousiasme car le traitement doit être comme toujours personnalisé sous peine d’être inefficace, ce qui rend effectivement difficile la réalisation d’études cliniques en double aveugle par exemple.
Nous résumerons le point de vue de l’homéopathe de la façon suivante :
- les remèdes de terrain : ce sont ceux qui « font la différence » et évitent les récidives, avec ou sans association d’une thérapeutique classique. Toutes les diathèses (dispositions pathologiques) peuvent être en cause, et l’on rencontrera :

  • SILICEA chez l’enfant tuberculinique ;
  • NATRUM SULFURICUM, THUYA OCCIDENTALIS, MEDORRHINUM chez l’adulte (ou l’enfant sur vacciné et suralimenté) dit « sycotique » ;
  • CALCAREA CARBONICA chez les psoriques ;
  • CAUSTICUM chez les polydiathésiques ;

- les remèdes correspondant à des causes connues :

  • les vaccins, surtout chez l’enfant en raison de leur fréquence et de leur nombre, et la prise de dilutionshoméopathiques de ces vaccins en association avec le remède de terrain fait disparaître parfois en quelquesjours des verrues anciennes ;
  • le déficit en magnésium globulaire, qu’il faut supplémenter en magnésium à doses pondérales maisaussi en magnésium à faibles doses homéopathiques et alimentaires (favorisant la pénétration intracellulaire de l’ion) ;
  • les frustrations et les stress, souvent à l’origine de l’apparition de verrues multiples, probablement par déficit immunitaire acquis (c’est l’action neuro-immunologique du stress), dont le principal remède est STAPHYSAGRIA ;
  • les substances irritantes ou potentiellement carcinogènes localement : peintures, solvants, laques etc dont la préparation en dilutions homéopathiques est venue à bout de verrues rebelles à tout depuis des années chez des carrossiers par exemple (plusieurs observations cliniques personnelles).

- les remèdes symptomatiques :

  • selon l’aspect : THUYA et CAUSTICUM répondent à tous les aspects ci-dessous et seront donc le plus souvent indiqués ; viennent ensuite :
  • DULCAMARA, NATRUM SULFURICUM si elles sont planes et lisses, ainsi que BERBERIS VULGARIS,
  • NATRUM MUR et CALCAREA CARB lorsqu’elles sont sur les mains ;
  • ANTIMONIUM CRUDUM si elles sont cornées et dures ;
  • NITRICUM ACIDUM et CINNABARIS si elles sont humides et saignantes ;
  • FERRUM PICIRICUM, NATRUM SULFURICUM, NITRICUM ACIDUM, SILICEA, STAPHYSAGRIA si elles sont pédiculées ;
  • SABINA si elles démangent.

 Selon la localisation :

  • Face : CAUSTICUM, DULCAMARA
  • Mains : BERBERIS VULGARIS, CALCAREA CARB, NATRUM MUR, DULCAMARA, ANACARDIUM ORIENTALE (paumes)
  • Ongles (péri et sous-unguéales) : CAUSTICUM, DULCAMARA
  • Ano-génitales : NATRUM SULFURICUM, NITRICUM ACIDUM, SABINA, STAPHYSAGRIA
  • Plantaires : ANTIMONIUM CRUDUM, CALCAREA CARB, RANUNCULUS BULBOSUS

 Verrues anciennes, rebelles, déchiquetées : CAUSTICUM, NITRICUM ACIDUM, THUYA OCCIDENTALIS


LES TRAITEMENTS LOCAUX ASSOCIÉS
     Ils devront rester autant que possible discrets, peu toxiques, peu douloureux, peu invasifs, pour une affection somme toute bénigne dont la disparition spontanée constituerait d’après les sources officielles plus de 70 % des cas après deux ans d’évolution.
Nous utilisons des préparations à base de THUYA OCCIDENTALIS TM dans du collodion (3 g pour 30 g) ou de
CHELIDONIUM TM telle que le NITROL, ou une préparation à base de vaseline salicylée et de résorcine pour les verrues les plus cornées et récalcitrantes comme les verrues plantaires.


LES LASERS VASCULAIRES
     Ils agissent sur les vaisseaux dermiques et les verrues sont vascularisées; l’idée était donc de détruire la vascularisation de la tumeur, donc de la brûler en brûlant ses vaisseaux nourriciers. Les lasers vasculaires (KTP ou Colorant pulsé ou encore Yag QSwitché) ont le gros avantage d’être peu douloureux (sous analgésie locale par air froid pulsé) et surtout sans aucun effet toxique ni invasif (ni saignement ni brûlure ni ouverture cutanée). Ils agissent probablement par « asphyxie » de la verrue, dont les vaisseaux nourriciers sont
détruits par ce type de lasers.
Plusieurs études cliniques montrent d’excellents résultats avec le laser à colorant pulsé, dont une réalisée par le Centre Laser de La Roche Posay en collaboration avec un cabinet dermatologique parisien et publiée en 2002 au Congrès de l’ESLAS (European Society for Lasers in Aesthetic Medicine).

CONCLUSION
         Le traitement des verrues par des méthodes douces et naturelles est possible et il n’est plus nécessaire de faire souffrir nos enfants pour les débarrasser de leurs verrues. Le Centre laser de La Roche Posay organise des formations pour les professionnels de santé intéressés par ces techniques afin de les faire connaître et d’en faire profiter le plus grand nombre.
ETUDE AVEC LE LASER A COLORANT PULSÉ 585 nm PHOTOGENICA V , de CYNOSURE , à durée d’impulsion 0,45 m sec ;
7 PATIENTS : de 6 ans à 44 ans (3 adultes et 4 enfants)

AGE MOYEN : 19, 14 ans Sexe : 4 M et 3 F
Nombre moyen d’impacts par séance : 27, 18
Fluence moyenne par séance : 8,263 joules
Spot : 5 mm
Durée d’impulsion : 0, 45 m sec
Air froid pulsé ou Azote à dose analgésique seule (un cas d’Emla)

Nombre moyen de séances par cas pour obtenir la disparition totale des verrues : 3 séances espacées d’un mois. Les deux photos présentées (pages 11 et 15) montrent le cas d’un enfant de 7 ans, dont les deux
verrues plantaires ont disparu en un mois, après une seule séance de laser à colorant pulsé.

BIBLIOGRAPHIE :
1) Guidelines for the management of cutaneous warts, British Journal of dermatology 2001 ; 144 : 4-11
2) Lars O.Svaasand, Ph.D., Norwegian University of Science and Technology ; Optimizing ascular lesions workshop ; april 12, 2002, Atlanta ; American Society for Laser Medicine and Surgery.


Verrue plantaire

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