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Existe-t-il encore des Pharmaciens Homéopathes ?

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par Michel Hacker
( Docteur en Pharmacie)


Spécialité de l'article : Médecine générale

Parution du 2011-12-07   pour la lettre n° 62

   Installé depuis bientôt trois décennies, tout d’abord dans une officine de centre ville ultra spécialisée (la plus ancienne de France ?), puis depuis presque trois ans - après transfert - dans une officine plus périphérique et un peu plus généraliste (nécessités économiques faisant….le tube de granules étant au prix bloqué de 1,80 € depuis plus de quinze ans !), je m’interroge : Existe-t-il encore des Pharmacies Homéopathiques ?

La réponse est…OUI, mais les prétendants à ce titre sont rares.
Si, en effet, presque toutes les pharmacies françaises arborent fièrement sur leurs vitrines différentes spécialités : allopathie, herboristerie, matériel médical, orthopédie, parapharmacie, homéopathie, bien peu nombreuses sont celles qui méritent l’appellation « Pharmacie Homéopathique »

Historiquement, la pharmacie homéopathique était une officine qui fabriquait ses médicaments. Pour prendre l’exemple lyonnais, trois pharmacies répondaient à ce critère jusqu’aux années 1980 : Pharmacies Boiron, Bédène (dont je suis le successeur) et Lévy.

Puis, par nécessité de « sécuriser » la préparation (l’homéopathie ne se satisferait donc pas de l’artisanat ?)…ou volonté hégémonique des et maintenant d’un laboratoire….la préparation magistrale ou officinale a été l’objet de suspicion…et même d’une « chasse » qui a pratiquement provoqué sa disparition. Nombre de confrères officinaux, objets tout comme moi d’une véritable inquisition de la part des autorités de santé ont alors décidé d’arrêter !

Au niveau de mon officine, nous avons décidé de « réduire » la voilure et d’utiliser le principe des 20/80 (20% des souches qui correspondent à 80% de la demande sont commandées et stockées d’avance pour répondre à la prescription ou à l’automédication), les souches restantes sont conservées sous forme liquide dans notre diluthèque et ceci nous permet de répondre presque à 100% de la demande, avec, dans ce cas, un petit délai d’attente pour « monter » une dilution à partir de la teinture-mère ou de la dilution la plus proche de celle demandée, et imprégner granules ou globules.

Si la législation actuelle nous a également privés des auto-isothérapiques, elle nous autorise encore heureusement les Hétéro-isothérapiques tels que : dilution de poils de chat, dilution de tabac, de substances allergisantes diverses….

Cependant, des pharmacies qui ne fabriquent pas du tout  peuvent se revendiquer « Pharmacies Homéopathiques ».

Il faut que leurs titulaires, ou une personne de l’officine soit à même de dispenser un conseil allant plus loin que :
« Vous avez le trac ?  Prenez du Gelsemium…ou encore moins ciblé : Utilisez Sédatif P.C* ou L72*.

En effet, l’homéopathie ne se contente pas de « l’à peu près » et on ne peut cibler un remède sans poser quelques questions –même succinctes - mais qui vont orienter sur un remède, qui, pour reprendre notre exemple, sera finalement peut-être Argentum, Nitricum, Ignatia, Arsenicum ou Aconit.

La tendance actuelle des laboratoires, devant la disparition annoncée des médecins prescripteurs (fermeture du secteur 2) a été de développer les spécialités « passe-partout », qui permettent plus facilement un conseil (beaucoup moins précis) ou une automédication (superficielle).

Mais, rien ne remplacera le dialogue singulier que, comme le médecin, le pharmacien homéopathe se doit d’engager avec son patient dans l’espace de confidentialité qui existe maintenant dans toutes les officines, pour une dispensation homéopathique de qualité.


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