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L’homéopathie à Skoura - Maroc

photo de l'auteur absente
par Charles Rossi
( Administrateur)


Spécialité de l'article : Historique et divers

Parution du 2015-02-23   pour la lettre n° 74

Skoura est une immense palmeraie de 50 km2 à 1200 mètres d’altitude arrosée par les rivières qui descendent du haut Atlas. C’est la première étape sur la route des 1 000 kasbahs entre Ouarzazate et le Tafilalet dans le sud marocain. Selon la légende, elle aurait été fondée au XIIe siècle sous la dynastie des Almohades. La palmeraie tire son nom de la tribu berbère qui y vivait à cette époque, les Haskourene. Depuis, plusieurs populations se sont succédées, dont les tribus arabes originaires du Tafilalet, faisant aujourd’hui de Skoura un territoire arabe en pays berbère.

Skoura ne se comprend qu’au fil de l’histoire de sa palmeraie et de sa richesse d’hier tant naturelle par les mines de sel vers Toundout et la luxuriance de sa flore, qu’humaine, par un renouvellement et un brassage de sa population qui autrefois, mêlait, berbères, juifs et arabes. Une explication à l’ouverture d’esprit et à la curiosité de la population actuelle ?

Aujourd’hui la palmeraie compte de nombreux douars (villages), dont les habitants vivent essentiellement de l'agriculture : olives, amandes, dattes, cultures fourragères comme la luzerne, orge et autres arbres fruitiers (pommiers, abricotiers, figuiers, grenadiers ...). L’apiculture est vivement encouragée et développée.

La vie des cultures et de cette biodiversité si riche est ainsi maintenue.

Certains artisans perpétuent des traditions ancestrales comme les potiers et les vanniers. Et Skoura bénéficie de nouveaux revenus avec le tourisme. Plusieurs gîtes et hôtels se sont ouverts ces dernières années, tenus par des étrangers ou par des habitants de la région. Les kasbahs caractéristiques de la zone sont également transformées en hôtel de luxe à la fin du XXe siècle.

Enfin, Skoura a été le théâtre de différents films marocains et étrangers.
C’est dans cet environnement que le CETAM Lorraine (Le Centre d'Etudes Techniques Apicoles de Moselle), avec les soutiens de la Fondation de France et de l’Ambassade de France au MAROC, intervient à Skoura auprès de l’Association ALBISHER pour le développement et l’environnement. L’action, commencée en 2009, a pris sa vitesse de croisière en 2010 et se poursuit encore. Elle s’inscrit tout particulièrement dans le cadre de l’année internationale de la biodiversité et est intégrée au plan « Maroc vert ». Il s’agit d’un vaste programme visant tout d’abord à établir un état des lieux et à rechercher suffisamment de souches d’abeilles sahariennes pour assurer la conservation de cette sous-espèce via les techniques de sélection et d’élevage de reines et, parallèlement, à former les apiculteurs de la région de Skoura à ces mêmes techniques d’élevage des reines et de sélection. Il pourrait enfin aboutir à la création d’un conservatoire de «l’abeille jaune » pour assurer sa pérennisation.

En février 2012, une rencontre réunit Isabelle Rossi et Mohamed Aglagane, président d’Albisher, ce dernier étonné par les possibilités de l’homéopathie fait une demande officielle pour qu’HSF-France initie des formations d’homéopathie dans la palmeraie.

Si tôt dit, si tôt fait dès novembre 2012, une première sensibilisation à l’homéopathie a lieu non seulement pour des enseignants et agriculteurs mais aussi pour un groupe de jeunes médecins et pharmaciens marocains curieux de l’information.

Skoura outre son environnement très agréable, air pur de montagne, températures idéales aux intersaisons en particulier, est apparu comme un cadre idéal pour proposer des stages de nutrition et de formation à l’homéopathie familiale pour des européens parlant français. C’est ainsi que l’idée de coupler des formations à destinations de ces derniers en même temps qu’aux marocains, s’est imposée assez naturellement et avec succès.
Environ 2 ou 3 semaines de ces formations par an ont cours actuellement.

Comme la population locale est essentiellement composée d’agriculteurs n’ayant pas pour la plupart les moyens de traiter leurs cultures ou leurs animaux avec des produits chers, antibiotiques, pesticides, engrais chimiques, etc…, l’homéopathie s’est avérée rapidement comme une solution alternative intéressante.
La rencontre de Cathy Mayer, homéopathe suisse et d’Abdelaziz Yaacoubi, professeur d'agronomie marocain a été l’occasion de mettre en pratique des formations d’ « agro-homéopathie » dès avril 2013. Cathy est l’héritière des travaux de Kaviraj, le pionnier en la matière et auteur de la référence « Homeopathy for farm and garden ».

Le palmier dattier est évidemment l’enfant chéri de cet écosystème. Mais c’est un enfant bien vulnérable !
Symbole de prospérité, il peut atteindre jusqu’à 30 mètres de haut mais reste cependant de constitution fragile. Sa croissance est très lente au début et les fleurs et les fruits n’apparaîtront que beaucoup plus tard quand il aura profité des années de plein soleil qu’il affectionne particulièrement.
Son pire ennemi ? Un fusarium qui provoque la maladie du bayoud (la blancheur en arabe) entraînant manque de sève et dessèchement progressif des palmes, le plus souvent mortel.
Mais les oliviers sont aussi contaminés par le psylle pour lesquels des tests ont aussi commencer.
Cathy et Abdelaziz ont ainsi commencé des essais de traitements avec les agriculteurs locaux, à grande échelle et avec méthode.
Quelques succès seront assez rapidement enregistrés.

Après leur participation au 2ième congrès agro-homéopathique de Maringá à coté de Sao Paulo, (Brésil), nos deux formateurs et expérimentateurs, rentrent enthousiastes et ont l'idée d'organiser un congrès à Skoura dans le sud Marocain ; ce qui sera fait en juin 2015 !

Des cours vétérinaires et des formations pour les sages-femmes traditionnelles ont eu lieu aussi à plusieurs reprises avec un très grand succès.

Particulièrement pour l’agro-homéo-pathie qui est l’approche la plus originale et la plus avant-gardiste, les travaux de Skoura ont été remarqués et des agriculteurs français, viticulteurs en particulier, ont manifesté leur intérêt à plusieurs reprises. Skoura est prêt à les accueillir !

On le voit Skoura est une palmeraie assez préservée qui constitue un terrain idéal pour apprendre ou expérimenter au bénéfice de la population locale mais dont peuvent profiter des français qui voudront faire le voyage dans cet endroit merveilleux.


Relevé juin 2913

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