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L’homéopathie et la gestion des plantes adventices (mauvaises herbes)

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par Aziz Yaacoubi
( Ingénieur agronome)


Spécialité de l'article : Agriculture

Parution du 2018-05-31   pour la lettre n° 87

Les plantes adventices, sont les accompagnatrices spontanées des cultures, les plantes qui poussent à la faveur des façons culturales mais sans être semées. Le terme d’adventice n’a pas de connotation péjorative ; une adventice ne devient « mauvaise herbe » qu’à partir du moment où elle devient indésirée, ce qui dépend de l’espèce considérée, de son pouvoir compétitif dans les conditions locales et de sa densité, mais aussi de l’état d’esprit du l’exploitant. La première façon de faire qu’une adventice cesse d’être ressentie comme une mauvaise herbe, c’est de l’utiliser à son profit, donc de lui trouver un côté positif (légume, médicament, fourrage, source de compost riche et équilibrant…). Mais, malgré tous leurs côtés sympathiques, les adventices gênent les cultures quand elles deviennent trop nombreuses. II faut alors trouver un moyen pour limiter leur présence dans les espaces où elles ne sont pas désirées.
Jusqu'à une époque récente, la lutte contre ces plantes se limitait à des façons culturales (binage, sarclage, hersage et autres façons aratoires)
La forme la plus ancienne de désherbage est l'arrachage manuel. Progressivement les techniques se sont perfectionnées, avec l'emploi d'outils de mieux en mieux adaptés à cette tâche. Au 18ième siècle, on a eu l'idée de profiter des semis en lignes pour détruire les mauvaises herbes à l'aide de machines à traction animale. Le désherbage mécanique était né et il se perfectionna jusqu'à nos jours pour prendre la forme des sarclages motorisés que nous connaissons tous. Parallèlement, de nouvelles voies de recherches s'ouvrirent dès la fin du 19ème siècle et les propriétés herbicides de substances minérales simples furent reconnues. Ces produits tuaient les dicotylédones (à feuilles larges) présentes dans les cultures céréalières.
Ainsi en France, on découvrit en 1896 l'action du sulfate de cuivre sur la moutarde des champs (Sinapis arvensis), en 1897 fut mis en évidence l'effet herbicide du sulfate de fer, et on utilisa dans le même but un mélange d'acide sulfurique et de nitrate de cuivre. A la même époque, des découvertes semblables étaient faites en Allemagne et aux Etats-Unis. Ce n'est cependant, que vers 1920 que l'utilisation de telles substances se développe en Europe avec les travaux sur les propriétés herbicides de l'acide sulfurique et la mise au point de son utilisation pour le désherbage du blé.


La découverte du premier herbicide de synthèse le 2,4 D (dichloro-phenoxy- acétique), suivie bientôt par une pléiade de spécialités, provoqua une véritable révolution dans l’agrochimie.

Aujourd’hui nous connaissons tous que les herbicides peuvent avoir des effets très néfastes sur la santé et l’environnement selon leur degré de toxicité. Ils peuvent causer différentes maladies, des éruptions cutanées, allant parfois même jusqu’à causer la mort.
Personnellement je ne suis pas pour la lutte contre les plantes adventices, quel que soit le procédé utilisé, mécanique, biologique ou chimique. Pourquoi ?  Parce que ces plantes ne posent vraiment pas de problèmes si on sait les gérer. De plus elles nous apportent beaucoup d'informations sur l'environnement du champ et surtout sur l'état du sol. Ces plantes bio indicatrices peuvent être nos meilleures amies pour comprendre les défaillances d’un terrain (salinité, pH, matière organique, énergie, vie du sol...). Il suffit de résoudre les problèmes éventuels pour que les herbes qui dérangeaient disparaissent d'elles-mêmes ou diminuent fortement. 
Au niveau énergétique, chaque plante adventice ramène une certaine énergie dont le terrain à besoin. En général en apportant cette énergie à la place de cette herbe, on arrive à diminuer le problème de cette herbe, ou même à le résoudre complètement et durablement. Cela peut se faire par différentes méthodes, et notamment avec l’homéopathie. Certains agriculteurs expérimentent déjà la phyto homéopathie sur leurs champs depuis de nombreuses années avec succès. Certains arrivent même à avoir des champs aussi "propres" que les autres agriculteurs en conventionnel qui utilisent les herbicides à outrance. Donc c'est tout à fait possible de résoudre le problème des "mauvaises herbes" par des moyens propres, bon pour la santé et non polluantes. Il suffit de le vouloir et de se former à ces techniques.


L’homéopathie n’est pas biocide. Elle ne détruit pas de plantes mais ouvre plusieurs voies pour la gestion de la flore spontanée :

1. La voie de l’utilisation des produits classiques tels que la Silice (Silicea terra) qui est caractérisée par sa capacité à induire une floraison prématurée ou excessive, n’aboutissant pas à la production de graines. Ce principe est d’ailleurs déduit de la mise en garde de Steiner, à propos des pulvérisations de B501 qui, utilisé « deux fois, priverait l’agriculteur du fruit de sa moisson ». On peut donc forcer la flore spontanée à dépenser toute son énergie dans la floraison en pulvérisant Silicea deux fois en deux jours, afin d’inhiber la formation des graines. On peut aussi profiter de la dernière application pour semer, ce qui va donner aux graines semées un coup de fouet et favorisera la levée de plantes solides.
2. La voie de l’allélopathie et ses possibilités d’action : c’est le cas :
du Fenouil (Foeniculum vulgare) : dont les racines contiennent une substance qui empêche les autres plantes de pousser aux alentours. Les dilutions homéopathiques issues de la teinture-mère préparée à partir des racines du fenouil, peuvent être utilisées pour contrôler les plantes adventices, en pré émergence. Il est cependant recommandé d’attendre entre quarante-huit heures (temps ensoleillé) et une semaine (temps couvert), avant de semer.
de la Rue des jardins (Ruta graviolens ) qui a aussi des propriétés allélopathiques semblables à celle du fenouil, propriétés qui lui confèrent le caractère herbicide, en plus d’être un répulsif pour les insectes
De la Fougère femelle (Athyrium filix-femina), de la myrtille (Vaccinium myrtillus), de l’armoise blanc (Artemisia herba alba) du thuya de Berbérie (Tetraclinis articulata), du séné de Provence (Globularia alypum), de lentisque (Pistacia lentiscus), de sumac (Rhus pentaphylla), de rue sauvage (Perganum harmala), de rue d’Alep (Ruta chalepensis), de saligne à balai (Holoxylon scoparium), de genévrier de phoenicie (Juniperus phoenicea), d’acacia (Acacia raddiona), et de toutes les plantes allelopathuiques.
3.    La voie des prédateurs comme le tigre du chardon commun (tingis cardui) : qui est un ravageur redoutable des chardons. La loi de similitude étant applicable à tout, les dynamisations homéopathiques de ces punaises peuvent contrôler les chardons, à l’instar de l’insecte lui-même.
4.    La voie de l’isothérapie : cette technique consiste à faire des dilutions homéopathiques des herbes envahissantes du champ et de pulvériser la solution homéopathique en préventif et en curatif sur le terrain. Le résultat semble souvent stupéfiant. L’herbe ciblée ralentit ou arrête sa croissance. le fait de faire une dilution homéopathique de l'herbe et de la pulvériser sur le terrain va permettre d’apporter un peu plus de l'énergie et des fréquences que l'herbe représente. Quand le terrain est ainsi équilibré, les herbes n'ont plus de raison de se développer et arrêtent leur croissance. La culture continue normalement à se développer et prend le dessus.
Des essais réalisés dernièrement montrent qu’on peut avoir un bon résultat, en préparant une teinture-mère composée de la flore spontanée de la parcelle (jusqu'à douze espèces), et en traitant avec un mélange de plusieurs dilutions (5CH, 7CH, 9CH, 15CH et 30CH).


La phyto homéopathie est encore à ses débuts, mais elle est très prometteuse et mérite d'être plus largement connue et utilisée compte tenu des avantages évidents qu’elle présente par rapport aux herbicides chimiques, toxiques et polluants. Les résultats sont là, les agriculteurs en témoignent.


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