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Chroniques Homéopathiques

photo de l'auteur absente
par Mourad BENABDALLAH
( Médecin Homéopathe à Arras)


Spécialité de l'article : Historique et divers

Parution du 2007-12-01   pour la lettre n° 47

« Toutes les formes de médecine ont droit de Cité. Il faut peut-être effectivement considérer que l’homéopathie est une réponse parmi d’autres pour améliorer la santé et surtout, c’est le rôle aussi des politiques pour améliorer les comptes de la Sécurité Sociale, ce qui en quelque sorte, représente aussi les comptes de la France, puisque c’est nous qui la payons cette Sécurité. »*

L’homéopathie déjà se caractérise par son efficacité puisqu’elle perdure depuis 200 ans, grâce à qui ? Grâce aux familles, par un certain atavisme ou un bouche à oreille……L’homéopathie est une thérapeutique d’actualité. Elle a sa place dans le champ médical puisqu’elle est une réalité sociale : 20% des français sont des utilisateurs réguliers, 40% occasionnels de cette thérapeutique. Par ailleurs, 3 500 médecins homéopathe prescrivent régulièrement des médicaments homéopathiques, et 15 000 en sont des prescripteurs occasionnels. Le succès de cette branche de la médecine, ancienne de près de deux cents ans, est surtout dû à son originalité puisqu’elle possède les deux particularités d’être à la fois curative et préventive. Elle est curative car son mode d’action sur le symptôme ou signe présenté par le malade est bien connu du public : elle guérit « le mal par le mal ». Elle est aussi préventive, c’est-à-dire qu’en cas de maladie, il est, dans une certaine mesure, possible de prévoir les réactions d’un organisme face à une agression quelconque ou stress, que celui-ci soit un élément de l’environnement habituel ou une perturbation plus importante. Qui d’entre nous n’a jamais attrapé un rhume après un courant d’air, n’a jamais mal dormi parce que le voisin lui avait fait une offense ! L’homéopathie mérite, en outre, le qualificatif de médecine de terrain car elle permet d’apporter une réponse adaptée à chaque situation personnelle c’est là qu’est la seule prévention efficace. La bonne santé étant, avant tout, un état d’équilibre de toutes les fonctions, pas forcément un état de perfection.

L’homéopathie n’est qu’une discipline médicale et le médecin homéopathe est d’abord un médecin traditionnel. Deux éléments concourent à appuyer cette vérité : les fondements de l’homéopathie d’une part et son application pratique d’autre part. Les bases de l’homéopathie sont issues de la tradition puisque déjà Hippocrate utilisait les petites doses médicamenteuses. Vous qui avez déjà épluché un oignon dans votre cuisine, que s’est-il passé ? Les yeux pleurent, le nez coule et les éternuements fusent : en fait, vous avez un début de rhume ou coryza. Et bien « Allium Cepa » est un médicament homéopathique. Il est à base d’oignon, mais dilué énormément. Si vous épluchez un deuxième oignon, c’est encore pire. Par contre, si vous prenez « Allium Cepa » vous n’aurez plus rien. Essayez demain !

Le principe de l’homéopathie repose sur l’utilisation de doses infinitésimales ou très petites. Une substance introduite dans un organisme peut être néfaste si elle l’est à grosse dose et devenir curative à petite dose. L’idée est du Docteur Samuel Hahnemann né en Saxe en 1755. Il découvrit ce principe en traduisant des ouvrages de médecine anciens. C’est aussi une notion reprise à l’Antiquité, en passant par l’alchimie. Plus classiquement, vous savez que les vaccinations, l’immunothérapie, utilisent des produits à très petite dose. A partir de substances animales, minérales ou végétales, on prépare une teinture mère, et plus celle-ci est diluée, plus le médicament est puissant car il agit en suscitant les réactions de défense normale du patient . Ainsi comprendrez-vous l’action de certains médicaments homéopathiques bien pratiques. Ils proviennent, pour la plupart, tout simplement de notre environnement naturel.

« Apis » est actif contre les piqûres, les rougeurs et les gonflements : c’est pourtant l’abeille et son venin qui ont servi à sa préparation. «Vipera » est actif contre les troubles circulatoires, alors qu’une morsure de vipère affecte la circulation sanguine. Je me souviens d’un ancien boulanger arrageois à qui j’avais prescrit ce remède. Normand de naissance, il fit allusion à la vipérine, spécialité de la région, élaborée suite à l’immersion d’une vipère dans du calvados. On utilisait cette « potion » comme antidote dans le cas de poussée tensionnelle, « coup de sang », menace d’accident vasculaire cérébral ou de menace de phlébite. « Nux vomica » est utilisé en cas de vomissements, de troubles digestifs, pourtant c’est la noix vomique qui a servi à sa préparation, ingurgitée à haute dose, elle déclenche des vomissements. L’homéopathie n’est donc jamais nocive en elle-même puisqu’elle utilise des très petites doses. De plus un médicament est capable de soigner plusieurs symptômes chez le même individu. On peut ainsi soigner le terrain par application du principe de similitude ou similia similibus curentur : les semblables guérissent les semblables. Plus précisément, Hippocrate disait déjà : « La maladie est produite par les semblables, et par les semblables que l’on fait prendre, le patient revient de la maladie à la santé ». Il faut comprendre que le symptôme n’est que la manifestation extérieure d’un déséquilibre interne souvent silencieux, mais plus profond. Ce n’est pas tellement les symptômes du jour de la consultation qui importent, mais aussi et surtout le pourquoi, le comment de l’accumulation de ceux-ci chez le même patient.

Comme disait Pasteur, « Le microbe n’est rien, le terrain est tout ». Comprendre comment on peut tomber malade est aussi important que de savoir guérir la maladie. Le médecin n’a que les symptômes à se mettre sous la dent car en général on ne connaît pas la cause précise des maladies. Si tel était le cas, il n’y aurait pas besoin de médecine : qu’elle soit allopathique c’est- à-dire délivrant des agents contre les symptômes ou homéopathique allant dans le sens des réactions du patient. Pour délivrer un traitement de fond, le médecin homéopathe se préoccupe des trois notions suivantes : les constitutions, les diathèses, les tempéraments. Il sait ainsi classer les gens selon leurs caractéristiques intimes. Car chacun n’est pas fabriqué comme son voisin : il a une constitution différente. Ainsi définit-on les constitutions carbonique, phosphoriques et fluoriques et chacune d’entre elle peut-être harmonisée par des médicaments appropriés. Les types mixtes sont en fait la majorité, l’homéopathe n’étant pas présomptueux au point de classer ses contemporains aussi précisément. Il sait aussi prendre en compte toutes les maladies que vous avez déjà eues avant la consultation. Il peut dans une certaine mesure en déduire celles que vous êtes susceptibles de développer. Enfin chacun a son tempérament, que la sagesse populaire connaît bien. On décrit ainsi les sanguins, les lymphatiques, les bilieux et les nerveux. De plus l’homéopathe a la faveur du public car le patient vient chercher trois choses chez ce médecin : une écoute attentive et respectueuse de tous ses symptômes anormaux, une prise en compte globale des troubles, quel que soit l’organe concerné, et enfin une thérapeutique dénuée d’effets secondaires, efficace et très précise. Voilà comment l’homéopathie est capable d’appréhender le patient dans sa globalité, c’est à dire en tenant compte de ses réactions propres face aux agressions.


* Conférence homéopathique du 17 mars 07 Mairie d’Arras, accueil de Monsieur Vanlerenberghe, sénateur maire d’Arras.

Extrait du livre « Chroniques homéopathiques »
Docteur Mourad Benabdallah
Editions Ellébore 271 pages.

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