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Aubrée

Que dit l’Organon des Symptômes locaux ?

photo de l'auteur
par Paul Aubrée
( Médecin homéopathe)


Spécialité de l'article : Généraliste

Parution du 21/06/2017   pour la lettre n° 83


Je viens de participer à une rencontre agro-homéopathique sur le terrain dans la Drôme organisée par l’APMH et sa pétillante présidente. La présence des acteurs culturels lui a donné relief et réalisme. L’animateur et ingénieur agronome nous a partagé son expérience avec fine pédagogie, précisions nuances et incertitudes de cette science pionnière. Je voudrais ici aborder la place du symptôme local dans l’organisme malade en donnant la parole au maître de l’homéopathie
1/ Toute manifestation locale n’est que l’expression localisée d’un trouble général § 188- 190- 192- 193- 199- 200.
La disparition des symptômes locaux après le remède homéopathique à la totalité des symptômes, est le témoin que la cure est terminée. Leur suppression par des moyens externes ou par un remède homéopathique inapproprié, supprime un indicateur de fin de cure.
Citations de  l’auteur :
§ 188 Ces manifestations étaient considérées comme exclusivement régionales et on donnait à ces affections l’épithète de locales…comme si l’organisme vivant en ignorait l’existence.
§ 190 On ne saurait donc concevoir la thérapeutique curative réelle ou complète d’une affection pathologique externe, dont on ne peut déceler une cause intrinsèque de quelque importance, sans prendre en considération tout l’état général et en visant à l’anéantissement et à la guérison de la maladie entière par le moyen  d’une médication interne. C’est de cette manière seulement que cette thérapeutique sera rationnelle, utile, effective et radicale et cette proposition est toujours confirmée par l’expérience.
§ 192 La meilleure méthode pour arriver à déterminer le remède  de  ces  maladies « localisées » ,consiste  d’abord bien entendu à prendre  en considération  le caractère  exacte  de  l’affection dite  locale .
   Mais en plus de cet apport il est de la plus haute importance au cours de l’examen, d’établir une anamnèse complète du malade comprenant tous les autres symptômes qu’il est possible d’obtenir, soit objectifs, soit subjectifs, soit accidentels. L’image entière à rechercher ne sera qu’en y ajoutant les symptômes antérieurs, ceux précédant l’affection dont le malade se plaint, alors qu’aucune médication n’avait alors été prise pour  cela.
§ 193 Par l’administration exclusivement interne du remède ainsi sélectionné, (et dont une seule prise souvent suffira, si l’affection est d’origine récente) on guérira simultanément la maladie générale et l’affection localisée dont dépend cette dernière. Pareil résultat thérapeutique prouve bien que l’affection localisée relève seulement et uniquement d’une maladie générale, c’est à dire intéressant l’organisme dans son entier. Cette affection localisée doit être considérée comme faisant partie inséparable du tout, comme un des symptômes qui attirent le plus l’attention et parmi ceux-ci le plus objectif de la maladie générale.
§ 199 Lorsque l’affection localisée a été supprimée et détruite par des moyens externes, comme les caustiques, les corrosifs, les dessicatifs ou l’exérèse, avant que le remède constitutionnel, homéopathique à la maladie totale, n’ait pu être déterminé, le cas devient beaucoup plus compliqué, à cause de l’imprécision et de la labilité des symptômes qui restent encore.
   Car, ne l’oublions pas, le principal symptôme pathognomonique visible, grâce à ses caractères particuliers et ses modalités jouant le rôle de signal sémaphorique qui, mieux qu’aucune  autre circonstance aurait pu guider dans le choix et juger de la valeur du remède le plus approprié et préciser la prolongation opportune de son usage interne jusqu’à l’anéantissement complet de la maladie, se  trouve soustrait à notre observation.
§ 200 Si dans une maladie défective (rareté des symptômes valorisants) l’affection externe localisée est encore présente, on a alors plus de chance pour arriver à déterminer le remède homéopathique correspondant à la maladie interne, provocatrice de cette manifestation distinctive.
   Lorsque le remède est enfin trouvé et qu’on l’administre exclusivement par voie interne, la persistance de l’affection localisée indique que la cure n’est point parfaite encore. Tandis que sa disparition, sans avoir été supprimée par un remède externe quelconque, prouve que le mal a été extirpé jusque dans ses racines et que la restauration de la santé –par la cessation à la fois de l’affection externe et interne- est obtenue. On atteint ainsi le but qu’on ne saurait assez apprécier.
2/ Le remède sera homéopathique à la totalité des symptômes et administré par voie interne exclusivement.
Nous pourrions peut-être ajouter aujourd’hui que le symptôme local permet parfois le « dépistage » d’une affection profonde, et qu’il peut être aussi symptôme dérivatif, « soupape de sûreté » pour une affection chronique interne qui menace les organes vitaux , un abcès par exemple ,
Retenons qu’il ne faut pas le « supprimer » !

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