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Un amour « Rastafari » trahi…

photo de l'auteur
par Patrick's O'Nolan
( Médecin homéopathe)


Spécialité de l'article : Généraliste

Parution du 17/06/2026   pour la lettre n° 120


Extrait de Chroniques d’un thérapeute
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Brigitte est une jeune femme française, d’une trentaine d’années, mariée, deux enfants en bas âge et de profession artisan-relieur d’Art à son compte. Elle consulte pour souffrir d’un psoriasis géant depuis l’âge de vingt ans, qui l’handicape de plus en plus.
- Il y a presque dix ans maintenant qu’est apparu ce psoriasis. Dans un premier temps, il a commencé aux coudes, puis est apparu aux genoux et très vite il s’est généralisé à tout le corps y compris le cuir chevelu. Ma peau est sèche, écailleuse et froide et je souffre d’un prurit insupportable qui évidemment me donne une envie incontrôlable de me gratter, ce que je fais jusqu’au sang. Bien sûr, j’ai vu plusieurs médecins et autres dermatologues qui tous, sans exception, après m’avoir informée que c’était une maladie incurable, ne savent que me proposer un traitement à long terme qu’ils disent eux-mêmes "palliatif", de cortisone. Je l’ai toujours refusé, car j’en ai une "peur bleue" ayant pu en constater chez ma cousine souffrant des mêmes problèmes de peau, les effets secondaires désastreux. Non seulement elle n’en est pas guérie, mais de plus, elle a pris du poids de manière exagérée et aujourd’hui, six ans après le début de son traitement (si on peut l’appeler ainsi...) elle se sent abandonnée par la médecine dite académique, incapable de gérer les effets "iatrogéniques" dont elle souffre. ( ... )  
Il faut que vous sachiez qu’en médecine chinoise traditionnelle, les médecins considèrent la peau comme "un organe à part entière". Sa lecture, sa qualité, reflète l’intimité psychosomatique de l’individu. Elle représente l’ultime "protection" de notre "intégrité somatique" et reflète en "surface" sans mensonge, ce que notre "interne" est, mystérieusement. Que s’est-il passé dans votre vie, il y a une dizaine d’années ? 
Elle se racla la gorge, pris une inspiration profonde :
-  A dix-neuf ans, j’étais innocente, une vraie "bécasse". J’étais folle amoureuse et c’était réciproque, d’un musicien Jamaïcain que j’avais rencontré́ lors d’une soirée inoubliable dans un night-club de jazz. Il avait trente ans, était très doux et beau comme un Dieu. Nous nous sommes fréquentés durant deux mois et confiante de mes sentiments, des siens, mais aussi de ce qu’étaient mes parents, nous sommes allés, pleins d’enthousiasme, les voir pour leur faire partager la bonne nouvelle. Il faut que je vous dise que mes parents sont des anciens soixante-huitards et souvent, ils parlent avec nostalgie de cette période, « sous les pavés, la plage » comme d’anciens combattants d’une révolution, que nous, les enfants, attendons toujours ! Ce fut une authentique catastrophe ! Pour la première fois de ma vie, je découvris que mes parents étaient subtilement à la fois des racistes et à leur manière, de vrais petits bourgeois de gauche. Mon père, un intellectuel trotskiste, issu du fief de la fac de Vincennes se mit à m’expliquer que mon copain était un "Rastafari". Il entreprit de me faire un cours sur ce mouvement religieux né, à ce que l’on dit, en Éthiopie. Je passe sur les détails de ses commentaires racistes qui aujourd’hui encore me blessent... Ils me menacèrent de "me couper tous les ponts" si je ne laissais pas ce garçon, au demeurant "très sympathique mais pas fait pour toi". A l’époque, j’étais financièrement dépendante d’eux. Je ne savais pas grand-chose de la rue et malgré l’amour que j’éprouvais pour mon Rasta, je n’ai pas eu le courage d’affronter les conséquences d’une éventuelle désobéissance. Je le quittai après lui avoir laissé une lettre où je lui faisais part de mes peurs et de mes doutes. J’ai tiré un trait sur mes fréquentations dès que j’ai pris la décision de me séparer de mon petit ami et j’ai reconstruit ma vie sociale ailleurs. 
Une année plus tard, je me suis mariée avec un copain de fac que je n’aimais pas, pour que mes parents me foutent la paix mais aussi pour me punir... Je me sentais une "merde", une "moins que rien », finalement, je ne valais pas mieux qu’eux. Je n’ai jamais avoué cela à aucun des médecins que j’ai consulté, ni à personne ! Depuis, je n’ai plus vu mes parents et mon mari ne sait rien de tout cela... Quelques mois après, mon psoriasis est apparu et il est toujours là pour me rappeler, à chaque instant de ma vie, ce que je suis réellement... Lui, au moins, il est resté fidèle depuis dix ans avec son prurit intense. 
La Diathèse familiale est Psorique sans aucun doute. La mère, la grand-mère maternelle ont toujours souffert de problèmes de peau / Le père rien de spécial / sa sœur souffre d’asthme allergique qui alterne avec un eczéma. 
Chez cette patiente, mince et très loquace... six symptômes, serviront pour choisir le remède qui couvrira le cas, les autres symptômes permettront d’en comprendre la "cohérence". 

Étiologie : Troubles pour souffrir de remords et d’anxiété de culpabilité 
•    L’anxiété domine sa vie depuis (ce n’était pas vrai avant cet évènement) comme tous les symptômes qui suivent) 
•    ... mais se sent mieux dès qu’elle est en compagnie / ne supporte pas la solitude 
•    Grande peur de mourir 
•    Très maniaque pour tout (dans son travail cette attitude lui pose problème...) 
•    Manque d’appétit / Soif intense de boissons froides qu’elle n’étanche jamais / désir d’acide / grande buveuse de café́ / Ne peut supporter la vue ou l'odeur des aliments 
•    Souffre de leucorrhées acides, jaunes qui l’irritent énormément 
•    Psoriasis sec / Prurit brûlant à la rendre folle, mais il s’améliore grandement avec la chaleur locale (d’une bouillotte) / se gratte jusqu’au sang / très aggravée si prend des bains de mer 
•    Insomnies avec agitation et angoisse / rêves répétitifs fantastiques très anxieux 
•    Elle se sent en général aggravée au bord de la mer 
•    Elle est aggravée par le froid 
L’étude de ses symptômes m’amène invariablement vers Arsenic album mais avant de lui donner je lui donne un draineur de la peau, Berberis aquifolium-mahonia en 5 CH, M+ (phase liquide), matin et soir (une technique très efficace que ma prof indienne m’avait enseigné) et lui instaure un régime sans sel, ici, pour le coup, impératif. 

Second entretien, un mois plus tard 
Le seul symptôme qui se soit amélioré́ et ce n’est pas rien, c’est le prurit. Pour le reste rien n’a changé́. Je lui prescris donc Arsenicum album en dilution échelonnée, 7 - 15 et 30 CH à prendre dans la même bouteille, en phase liquide, le soir avant de se coucher, jusqu'à l’apparition d’une amélioration claire. Elle continue, de même pour Berberis aquifolium-mahonia et le régime sans sel. 
3ème entretien, trois mois plus tard (au total 4 mois depuis la 1ère visite)
Pas d’aggravation, même légère. Le psoriasis a disparu à 90% dans les deux premiers mois et il reste quelques traces, là où il a commencé́, c'est-à-dire aux coudes et aux genoux. 
- Docteur Patrick’s, je voudrais en premier lieu vous remercier pour la patience dont vous avez fait preuve à mon égard... Étant très anxieuse et très exigeante, je ne suis pas une patiente facile. J’espère seulement que vous n’en avez pas beaucoup "des comme moi... ". Au fur et à mesure que ma peau allait mieux, je me sentais changer, comment dire, c’est comme si ma peau devenant saine, mes anxiétés n’avaient plus lieu d’être, plus rien ne les alimentait. Je sens que ce n’est pas un simple changement d’humeur. C’est bien plus profond ; j’oserais dire comme un pardon... Oui ! C’est ça, je me suis donnée "une opportunité́", celle du pardon et c’est dingue ! J’en suis devenue évidemment plus "jolie", dans ma tête et dans ma peau. Vous savez, j’ai mis au courant mon mari de toute cette histoire, car je n’en pouvais plus d’avoir un secret qui nous séparait. J’ai cru qu’il l’avait mal pris, car il est sorti quelques heures et est revenu à la maison... avec deux billets d’avion pour partir en Toscane durant quinze jours. Mon rêve depuis des années! Ce séjour s’est avéré́ proprement extra- ordinaire... Je dirais que pour la première fois, j’ai connecté avec lui et je me suis rendue compte à quel point il avait été malheureux durant toutes ces années. Lui aussi avait un secret : il avait discrètement rencontré ma mère qui lui avait raconté toute l’histoire pour laquelle elle culpabilisait de ne pas m’avoir soutenue. Et lui, il attendait et espérait que je fasse un jour la paix avec moi-même... 
Je lui donnais SL à prendre chaque dimanche, continuais le draineur et le régime. 
4ème entretien trois mois plus tard 
Tout est rentré dans l’ordre et le psoriasis a totalement disparu. Plus de trace nulle part, donc la psore est corrigée.

Chronique thérapeuthe
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