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L’HOMÉOPATHIE, POUR PASSER EN DOUCEUR LE CAP DE LA MÉNOPAUSE

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par Cristelle Charvet
( Médecin Gynécologue Homéopathe)


Spécialité de l'article : Gynécologie

Parution du 2010-09-03   pour la lettre n° 57

     Vous avez entre 45 et 55 ans ; vous n’êtes pas ménopausée mais vous commencez à avoir des symptômes, comme les irrégularités de cycle, les bouffées de chaleur qui laissent à penser que la ménopause ap-proche. Vous ne souhaitez ou ne pouvez pas prendre d’hormones et vous savez que les traitements hormonaux ne sont pas possibles tant que la ménopause n’est pas installée depuis au moins un an.

Les médicaments homéopathiques peuvent vous aider.

     En quoi consiste la périménopause ?
Il s’agit d’une période de 5 ans environ qui entoure la ménopause ; elle s’étend de l’âge des premiers symptômes jusqu’à la première année sans règles. C’est donc une charnière, un cap à passer entre la période où les ovaires fonctionnent parfaitement bien et celle où ils ne fonction-neront plus du tout.

     Que se passe-t-il physiologiquement à la périménopause?
    Les follicules ovariens vont diminuer en quantité et en qualité en raison du vieillissement des ovaires. Le signal envoyé à l’hypophyse (située à la base du crâne) est moins bon ; la stimulation des hormones hypophysaires (FSH, Follicle Stimulating Hormone, et LH, Luteinizing Hormone) sur les ovaires est moins efficace ; la FSH s’élève dans un premier temps ; puis les ovaires vont fonctionner de moins en moins bien et la LH va aussi s’élever. La balance entre les œstrogènes et la progestérone se déséquilibre, entraînant des symptômes d’hyper-œstrogénie (douleurs des seins, cycles courts, irritabilité, gonflements, d’hypœstrogénie (sécheresse vaginale, bouffées de chaleur, dépres-sion, gonflements, migraines), voire alternance d’un cycle à l’autre.
Attention, ces perturbations ne s’expriment qu’en l’absence de prise de pilule d’œstroprogestatifs ou progestatifs. Ces médicaments bloquent les ovaires et masquent artificiellement la périménopause.

Comment un traitement homéopathique peut-il agir ?
    La périménopause est une période de fluctuation, de déséquilibre. Le traitement homéopathique va rééquilibrer la balance hormonale. Le médecin homéopathe étudie le terrain de la patiente, ses symptômes, et adapte le traitement à son déséquilibre.
Des dilutions hormonales sont utilisées ; leur objectif est de rééquilibrer les secrétions ovariennes ou hypophysaires ; par exemple FOLLICU-LINUM, extrait de follicule ovarien.
La prescription de FOLLICULINUM se fait en haute dilution (15 à 30 CH) dans les syndromes d’hyperœstrogénie et en basses dilutions quand les symptômes évoquent une carence en œstrogènes.
Si la patiente ne se plaint que d’un symptôme, par exemple de bouffées de chaleur, l’étude fine du symptôme donnera lieu à la prescription d’un ou plusieurs médicaments dits « symptomatiques », en général répétés sur 24 heures et en basse (4 - 5 CH) ou moyenne dilution (7 - 9 CH) Lorsque plusieurs symptômes sont gênants, la prescription d’un médi-cament de terrain en haute dilution (15 ou 30 CH) une fois par jour en granules, ou une fois par semaine en doses globules, est nécessaire pour traiter la patiente dans sa globalité.

     Quels sont les symptômes de cette périménopause et comment les améliorer par l’homéopathie ?
     Les troubles du cycle sont souvent un premier signe de périménopause : cycles qui raccourcissent ou qui s’allongent, irrégularités, changement de quantité des règles. À noter qu’en présence d’un stérilet à hormones, ces changements sont moins perceptibles.
En cas de cycles qui raccourcissent et de règles qui deviennent abon-dantes, la prescription de FOLLICULINUM 15 CH une dose au 9e et au 20e jour du cycle (pour un cycle de 28 jours, avancer les jours de prise si le cycle est plus court), pendant 3 cycles, peut suffire à rétablir l’équilibre pour quelques mois ou quelques années.
Il est possible d’associer des médicaments de règles abondantes (PHOSPHORUS : règles longues, épuisantes, 5 granules deux fois par jour dès le début des règles ; MILLEFOLIUM : sang rouge brillant), ou de règles douloureuses (SABINA : douleurs violentes du sacrum au pubis irradiant dans les cuisses ; TRILLIUM PENDU-LUM : douleurs à type de dislocation, tendance syncopale, améliorées par la pression).
Les douleurs de seins évoquent aussi un déséquilibre en faveur des estrogènes. L’examen clinique et la prescription d’examens complé-mentaires (mammographie et éventuellement échographie) est indis-pensable pour éliminer un cancer du sein, rarement responsable des douleurs mais qui doit être diagnostiqué car il nécessite une prise en charge adaptée.
FOLLICULINUM 15 CH une dose au 9e et au 20e jour du cycle (pour des cycles de 28 jours) est dans ce cas aussi une prescription simple et efficace.
En fonction de la douleur des seins, de la congestion associée, des médicaments de symptômes comme LAC CANINUM (congestion et alternance de la douleur d’un sein à l’autre), APIS (œdème rosé, douleur piquante soulagée par le froid), PHYTOLACCA (seins congestionnés, irradiation dans le dos, nodosités possibles).
Certaines patientes signalent des règles qui s’espacent (en général sans s’en plaindre !) mais remarquent un début de sécheresse vaginale: FOLLICULINUM 5 CH (cette fois en basse dilution), 5 granules deux fois par jour peuvent améliorer la sécheresse en relançant le fonctionnement des ovaires. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir réapparaître les règles.
Les bouffées de chaleur peuvent apparaître des années avant la ménopause définitive. Les manifestations et la gêne occasionnée sont très différentes d’une femme à l’autre. Elles sont accompagnées ou pas de sueurs, de rougeur du visage, de migraines. Le début et la fin peuvent être brutaux ou au contraire progressifs. Elles surviennent le jour ou la nuit, parfois les deux. Elles peuvent entraîner des troubles du sommeil. Certaines bouffées de chaleur sont aggravées par le stress, la chaleur, l’émotion.
C’est l’analyse de toutes ces sensations, ces signes d’accompa-gnement, les modalités, qui permettent le choix du médicament. La dilution s’échelonne entre des basses dilutions et des moyennes dilutions en fonction de l’intensité du symptôme et des signes d’accompagnement.
Citons par ordre de fréquence la prescription par le médecin homéopathe de LACHESIS pour des bouffées de chaleur avec oppression et angoisse, et de BELLADONNA avec la rougeur du visage, le début et la fin brusque, les sueurs. Sont aussi souvent prescrits : GLONOINUM, en cas de palpitations et de bouffées de chaleur très violentes ; SANGUINARIA, en cas de migraines associées, paumes des mains et plantes des pieds chaudes ; SEPIA, en cas de bouffées de chaleur montant du bassin vers le haut, sans rougeur du visage.
    Les troubles de l’humeur feront souvent appel à des traitements de terrain ; la périménopause déséquilibre un terrain sous-jacent exacerbant des traits de caractère préexistants. Par exemple NUX VOMICA sera prescrit chez une femme autoritaire, exigeante avec elle et les autres, qui en périménopause devient explosive, ne se contrôlant plus, surtout avant les règles. SEPIA correspond à une patiente volontiers déprimée, chez qui la périménopause entraîne avant les règles un repli sur soi, une tristesse, un désir de rester seule dans le noir.
La multiplicité de symptômes appelle à la prescription d’un médicament de terrain Pour exemple, une patiente qui en périménopause se plaint de bouffées de chaleur sans rougeur, le matin, montant du bassin jusqu’à la tête, accompagnées d’une tristesse, de réveils fréquents, de migraines, de jambes lourdes, de pesanteur pelvienne, de constipation, de coliques hépatiques, se verra prescrire SEPIA en haute dilution.

    Comment trouver le médicament qui correspond à vos symptômes ou à votre terrain ?

   Les médicaments cités ici le sont à titre d’exemples schématiques. Rappelons que le choix d’un médicament homéopathique correspond à une analyse fine du symptôme et, si possible, du terrain. Vous avez pu constater que la hauteur de dilution n’était pas indiquée pour chaque médicament puisqu’elle dépend de l’étude du ou des symptômes, du nombre de symptômes, des troubles du comportement, du terrain. Parfois un examen clinique et des examens complémentaires sont nécessaires (douleurs de seins, troubles du cycle) et la consultation médicale est obligatoire pour établir un diagnostic et permettre le choix thérapeutique. Pour les symptômes plus simples comme les bouffées de chaleur, si vous avez quelques connaissances en homéopathie, la recherche de médicaments dans des ouvrages simples peut vous aider. Si le traitement n’est pas efficace, pensez toujours que le médicament n’est peut-être pas adapté à vos symptômes et allez voir votre pharmacien ou votre médecin sensibilisés à l’homéopathie.


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