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Dépistage du cancer du sein et homéopathie

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par Bérengère Arnal
( Médecin)


Spécialité de l'article : Gynécologie

Parution du 2011-12-07   pour la lettre n° 62

1/ La prévention du cancer du sein

Le dépistage du cancer du sein,
Il peut consister en une prise en charge individuelle d’une patiente se rendant chez son médecin généraliste ou son gynécologue, ou s’insérer dans le cadre d’un programme national de dépistage, comme cela est fait en France pour le cancer du sein (mammographie gratuite proposée tous les deux ans chez les femmes entre 50 et 74 ans, avec double lecture). Pour être efficace et réduire de façon significative la mortalité par cancer du sein, la participation doit être de 70 à 80% minimum, ce qui est loin d’être le cas en France (actuellement environ 50% de participation des femmes). Ainsi les résultats sont-ils très décevants pour le moment malgré les énormes efforts réalisés depuis des années. Il commence trop tard (un grand nombre de femmes ayant un cancer du sein ont moins de 50 ans, elles sont de plus en plus jeunes, parfois autour de 39 ans) et s'arrête trop tôt (après 74 ans des femmes présentent des cancers du sein ; elles ne vont presque plus chez le gynécologue et ne sont quasiment pas examinées par leur médecin généraliste, qui parfois les voit en consultation tous les mois ou les trimestres pour le renouvellement de leur ordonnance, la prise de la tension artérielle et très rarement la palpation des seins...).
Il se contente trop souvent de la mammographie si elle est normale, sans faire d'échographie; nous verrons qu'il est possible ainsi de laisser partir rassurée une femme pour deux ans avant le prochain contrôle alors qu'elle présente un authentique cancer mais radio-transparent, c'est-à-dire non visible à la mammographie, qui aurait été visible à l'échographie et qui n'est pas forcément palpable.

    2/ Lexique de la prévention du cancer du sein

L’examen clinique
Le gynécologue, le radiologue (et aussi le médecin généraliste) examinent les seins à la recherche d’anomalies palpables : nodules, placards glandulaires, asymétrie, ganglions axillaires et vérifient l’absence d’écoulement mammelonnaire.

La mammographie
Il s’agit d’une radiographie des seins, comprimés sur une plaque sensible soumise à des rayons X.  La mammographie numérisée prend le pas sur la mammographie conventionnelle. Elle assure entre autres avantages, une moindre exposition au rayonnement (l’équivalent du rayonnement reçu au cours d’un voyage de 8h en avion). Son inconvénient est son coût, tant à l’achat que pour la maintenance, ceci explique que tous les radiologues ne soient pas encore équipés de mammographes numériques.
La mammographie décrit des opacités et des calcifications, et précise leur taille, leur forme et leur répartition.

Attention ! Quelques cancers bien visibles à la mammographie ne donneront pas d’image échographique. De la même façon, certains cancers (le plus souvent lobulaires) ne seront pas vus à la mammographie mais le seront à l’échographie. Il faut donc considérer qu’on ne doit pas faire de mammographie seule sans faire d’échographie complémentaire, même si la mammographie ne montre aucune image suspecte. Ceci n’est pas proposé dans la campagne nationale de dépistage, l’échographie complémentaire n’étant pratiquée que devant une anomalie mammographique ou à la palpation.

Lors de la mammographie, certains mettent en garde contre les dangers de l’irradiation et contre les risques de propagation de cellules cancéreuses à cause de la compression des seins, de la pratique de biopsies et des interventions chirurgicales. A l’heure actuelle, aucune preuve formelle de cancer radio-induit (pour un dépistage raisonnable) n’a été produite, ni de diffusion de cancer par pression des seins sur cancer. L’essaimage éventuel de cellules cancéreuses au cours de ponctions et/ou de biopsies (bien que rarement observé) doit être relativisé compte tenu des avantages diagnostiques considérables apportés par ces techniques qui sont actuellement incontournables.

Après mammectomie, la cicatrice doit être palpée par le médecin à la recherche de récidives à type de nodules et surtout le radiologue lors de la mammographie et échographie du sein restant, doit passer la sonde d’échographie sur la cicatrice et dans les creux axillaires.
   
La galactographie
Cette technique d’exploration du réseau galactophorique (canaux excréteurs du lait) avec injection d’un produit de contraste par un pore mamelonnaire se pratique en cas d’écoulement non laiteux, uni ou multipore, souvent bilatéral.

L’échographie conventionnelle
Elle fait appel aux ultra-sons et permet de différencier les lésions solides, bénignes ou malignes, des kystes (remplis de liquide) ayant donné des anomalies mammographiques, et d’analyser des lésions palpables sans image mammographique. Elle identifie les images de superposition à la mammographie. L’échographie est sans danger et peut être renouvelée régulièrement. C’est un examen de première intention chez la femme jeune qui peut être suivi de clichés mammographiques au moindre doute. Le faisceau d’ultra-sons de l’échographie conventionnelle n’analyse que des segments  de canal et explore le sein quadrant par quadrant, de façon orthogonale. L’échographie permet aussi de guider les biopsies percutanées et les repérages préopératoires.

L’échographie ductale
L’échographie ductale par technique ducto-radiale (rotation autour du mamelon) est un examen pratiqué malheureusement par un nombre restreint de médecins, bien qu’elle représente une avancée exceptionnelle, dans le diagnostic notamment de petites tumeurs non ou mal visibles à la mammographie et/ou à l’échographie conventionnelle. Elle explore de façon anatomique,  longitudinale, avec une sonde spécifique, les divers lobes mammaires constituant les seins. Chaque lobe présente de nombreux lobules, situés le long des canaux qui sont explorés depuis leur origine au niveau du mamelon jusqu’à leur extrémité distale. Dans les lobules, les éléments glandulaires appelés acini, forment des structures semblables à des mini grappes de raisin. Le tissu épithélial qui tapisse canaux galactophores, lobules et acini est le lit de la majorité des lésions cancéreuses.
Cet examen permet de découvrir des lésions millimétriques au niveau des Unités-Ducto-Lobulaires-Terminales (UDTL). Le doppler et l’élastographie permettent d’affiner le diagnostic proposé par des médecins expérimentés.

L’IRM, imagerie par résonance magnétique
Un produit de contraste, le gadolinium est administré par voie veineuse, pour permettre de visualiser la vascularisation de tumeurs cancéreuses du sein. Elle permet de détecter de petites tumeurs de un à deux mm (contre cinq mm pour la mammographie). Elle est pratiquée pour conforter ou compléter un diagnostic mammographique et échographique. Elle peut être un bon outil de dépistage chez les femmes à haut risque de cancer du sein, notamment chez les femmes jeunes aux seins denses peu lisibles à la mammographie. En cas de cancer lobulaire souvent multiple et touchant les deux seins, elle peut permettre de dépister une ou plusieurs tumeurs. Elle peut aider à planifier la thérapie et à surveiller les seins après les thérapeutiques lourdes du cancer.

Les 7 règles prescrites par l’association AU SEIN DES FEMMES www.auseindesfemmes.com

  • 1ère  règle : Faire suivre la mammographie d'une échographie, même si la première est normale.
  • 2ième  règle : Faire une mammographie et une échographie tous les ans si antécédent proche (mère, sœur, fille) Faire une mammographie et une échographie tous les 2 ans en l'absence d'antécédent proche plus une échographie intermédiaire un an après.
  • 3ième règle : Savoir que tous les cancers du sein ne donnent pas une boule
  • 4ième  règle : Savoir que les cancers qui donnent une  boule ne sont palpables qu'au-delà d'un certain volume.
  • 5ième  règle : Savoir que certains cancers du sein ne peuvent être dépistés que par la mammographie (par la présence de certains types de micro-calcifications).
  • 6ième  règle : Savoir que certains cancers du sein ne peuvent pas être dépistés à la mammographie (cancers radio-transparents) et qu'ils ne sont visibles qu'à l'échographie.
  • 7ième  règle Au moindre doute, faire une IRM mammaire.

3/ CONSEILS D'HOMEOPATHIE

la pratique de la mammographie peut être suivie de la prise d’une dose de X Ray en 15CH et parfois d'Arnica en 5CH voire en 30CH. En cas d’image très suspecte, il convient d’ajouter Carcinosinum 7CH [souche homéopathique non disponible en France], 2 granules matin et soir pendant une semaine et Asteria rubens 5CH, 2 granules matin et soir pendant deux semaines (risque hypothétique d'essaimage des cellules cancéreuses lié à la compression des seins ?).  Magnésium, plantes anxiolytiques, homéopathie antistress (Ignatia 9CH, Gelsemium 9CH, Passiflora composé, 5 granules), la veille, une heure, une demi-heure avant l’IRM. (Même protocole pour préparation à la micro ou à la macrobiopsie en cas d'image suspecte)

Pour tenir le coup lors de l'IRM: allongée sur le ventre, dans le « tunnel » dont le fond est ouvert sur la pièce, les seins pendant au travers  de fenêtres prévues pour  l’examen, un casque sur les oreilles à cause du bruit intense à venir pendant 20 à 30mn, il vaut mieux tout de suite fermer les yeux, respirer profondément avec son ventre et visualiser des images positives (les préparer mentalement avant).

    4/ Témoignages   ELLES LE VIVENT :

  1. pas de mammographie sans échographie La mammographie d’Arlette, 76 ans, est normale, La palpation n’a retrouvé aucune anomalie ; Une échographie du sein et des creux axillaires est demandée en plus de la mammographie. Elle montre une formation irrégulière, d’axe non parallèle, de 15 mm, et un ganglion suspect axillaire de 17 sur 11mm. Il s’agit d’un carcinome lobulaire infiltrant de 15mm de grade I. Il n’y a pas d’atteinte ganglionnaire. Les récepteurs hormonaux sont positifs. Elle bénéficie d’une radiothérapie et d’une anti-hormonothérapie.
  2. une échographie intermédiaire entre deux mammographies La mammographie sans échographie de Colette, 51 ans, de l’an dernier était normale. Une échographie du sein et des creux axillaires est demandée un an après pour un suivi intermédiaire. La palpation est normale. L’échographie montre une lésion d’1 cm. Il s’agit d’un carcinome canalaire invasif de 7mm, de grade III, les récepteurs hormonaux et HER-2 sont positifs. Il n’y a pas d’atteinte ganglionnaire. Une tumorectomie suivie d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie est proposée. Elle bénéficie d’une anti-hormonothérapie et d’un traitement au trastuzumab.
  3. vigilance face au risque de récidive Florence,28 ans ,dont la grand-mère maternelle a eu un cancer du sein. En consultation, le médecin palpe une boule au niveau d’un sein. Une mammographie et une échographie sont pratiquées. Il s’agit d’un carcinome canalaire infiltrant plurifocal. Florence fait une chimiothérapie plus légère à l’étranger, refuse la radiothérapie, accepte l’anti-hormonothérapie. Trois ans plus tard, elle vient en consultation pour une boule suspecte au niveau de la cicatrice. Il y a deux foyers de carcinome canalaire invasif de grade II. Elle accepte une mammectomie.
  4. vigilance en cas de cancers familiaux La mère de Fantille, 52 ans, vient de décéder d’un cancer du sein comme sa mère et sa grand-mère. La mammographie de Fantille à 25 ans était normale. Celle pratiquée après le décès de sa mère dont elle s’est occupée montre des microcalcifications suspectes. Elle a maintenant 28 ans. Une première intervention montre à côté d’un carcinome canalaire in situ, un carcinome canalaire infiltrant de grade III, triple négatif (pas de récepteurs hormonaux ni HER-2, donc de mauvais pronostic). Une chimiothérapie est proposée avant une mammectomie. Fantille demande une mammectomie bilatérale avec reconstruction immédiate par pose de prothèses. Fantille dira plus tard qu’elle était persuadée au décès de sa mère d’avoir un cancer du sein. Elle se dit guérie maintenant.


Profil du sein

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