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Alimentation-Nutrition: remontons le temps !

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par Guy André Pelouze
( Chirurgien Cardiovasculaire)


Spécialité de l'article : Paléo

Parution du 2011-06-07   pour la lettre n° 60

  « Plus vieux et plus en forme »

        Il y a un fait incontestable et vérifiable par tout un chacun: nous vivons plus vieux et en meilleure santé! Cette augmentation de l'espérance de vie est à la fois récente et très importante au regard de ce qu'elle était dans la période antérieure à cette explosion humaine (la population mondiale est passée de 3 milliards d'humains en 1960 à 6,9 milliards en 2010 et l'espérance de vie pour la France de 70,2 à 81 ans en moyenne sur la même période). Cette évolution est plus à mettre au crédit du développement économique et de l'assainissement que de la médecine. Le résultat de cet extraordinaire développement économique c'est que depuis un siècle nous avons vaincu entre autres les famines, les maladies épidémiques dues aux micro-organismes et le travail physique épuisant et dangereux.  

    Mais ce "bonus" de vie arrive-t-il sans contreparties?
    A l'évidence non! La prolongation de la vie dans une société d'extrême abondance énergétique, alimentaire et consumériste est tellement inattendue et rapide que notre organisme fait l'expérience de nouvelles pathologies. Elles sont  principalement liées à son inadaptation ancestrale à ces nouvelles conditions de vie tout autant qu'à la relative inadaptation au vieillissement. Les grandes maladies chroniques, maladies cardiovasculaires, cancer, obésité, diabète et démences peuvent être envisagées sous cet angle.
Quelles sont ces nouvelles conditions de vie?
    Outre la sédentarité, l'inexposition solaire, l'absence de contact avec des micro-organismes telluriques et aériens, l'alimentation est un facteur qui a été profondément modifiée.  Nous avons transformé radicalement notre alimentation et donc notre nutrition après la révolution industrielle et ce sans avoir les éléments scientifiques qui auraient permis de comprendre et de choisir les modifications les moins délétères.
Les nouveaux aliments Les conditions de l'agriculture et de l'élevage ont été bouleversés par la modification des intrants et l'élevage intensif. Elever un bovin à l'herbe ou à la farine de maïs en stabulation ne produit pas la même viande. Cultiver des salades hors-sol ou en plein champ ne conduit pas au même résultat en matière de qualité nutritionnelle. Mais il y a plus. 
     Les nouveaux aliments sont des produits de l'industrie agro-alimentaire. Ces produits sont des assemblages d'aliments transformés et de xénobiotiques (substances étrangères à l’organisme).  Les composants alimentaires des produits résultent de « process » de transformation mécaniques, thermiques, chimiques complexes qui dans l'ensemble altèrent les nutriments de ces aliments.

    Les grandes transformations alimentaires de l'agrobusiness
    Elles concernent les sucres (glucides); le raffinage permet de mettre à disposition des consommateurs toutes sortes de glucides simples à index glycémique élevé (les sucres rapides) à un prix bas et en quantité illimitée (sucre blanc, pain blanc, amidons, sirop de fructose-glucose, maltodextrines, dextrose, fructose etc...). Les lipides de l'industrie sont aussi des graisses "rapides" car il s'agit de lipides purs sous la forme d'huiles végétales filtrées en quantité illimitée et à un prix très bas. Les moins chères sont les plus riches en omégas 6 (maïs, tournesol, soja) ce qui détériore un peu plus notre équilibre en acides gras essentiels. Les protéines subissent le même sort, qu'il s'agisse des protéines végétales (boisson au soja cuit improprement appelé « lait »!) ou les produits carnés qui sont des résidus de carcasse hachés, mélangés à des liants, des nitrates...     Jamais de tels aliments n'ont été présents dans notre alimentation sauf depuis un siècle environ. Nous sommes très loin de la tranche de muscle, d'un abat ou d'un os à moelle! Pire une certaine diététique a jeté des interdits sur des produits naturels comme les oeufs,  le beurre, la viande rouge par exemple, alors que cholestérol alimentaire et taux de cholestérol dans les lipoprotéines sanguines n'ont que peu de rapport!

   La nutrition bouleversée par ces changements alimentaires
   Sur le plan nutritionnel, ces produits industriels conduisent à des rations caloriques excédentaires et dans le même temps à un appauvrissement en micronutriments (fibres, vitamines, oligo-éléments, acides gras essentiels). Les désordres métaboliques qui s'ensuivent sont multiples mais dominés par l'obésité et l'insulinorésistance.

  • l’obésité est liée à l'excès chronique de la ration calorique qui entraîne une hypertrophie de notre tissu adipeux. Le poids corporel en est le reflet mais c'est la répartition qui augure des conséquences sur la santé. L'obésité abdominale, évidente de profil et mesurable par le rapport taille/hanches, l'épaisseur des joues sont des marqueurs cliniques de cette obésité pourvoyeuse du syndrome métabolique et du diabète type 2.
  • l'insulinorésistance : c'est tout à la fois l'absence de consommation du glucose par les muscles et l'épuisement du pancréas endocrine qui est sollicité pour abaisser le taux de sucre dans le sang.  Cette insulinorésistance se développe consécutivement à l'inondation de l'organisme par des sucres rapides consommés en grande quantité tout au long de la journée et une partie de la nuit parfois...

    Les solutions à ces maladies sont-elles médicales?

     Assurément, quand le drame d'une complication catastrophique arrive! Déboucher une artère coronaire ou carotide peut être vital. De même absorber une « statine » (anticholestérol)  quand on a déjà eu un accident artériel permet de prévenir un certain nombre de récidives mais pas toutes. Les traitements agressifs d'une tumeur maligne sont indispensables! Mais ces traitements sont-ils suffisants pour revenir à un niveau de santé? Certainement pas. Les études épidémiologiques observationnelles et interventionnelles le prouvent abondamment. Sans une modification des habitudes de vie et en premier de l'alimentation, non seulement les résultats sont partiels, transitoires ou échouent mais tous les traitements allopathiques sont moins efficaces.

      C'est d'ailleurs pourquoi par exemple les essais cliniques des traitements contre l'athérome comprennent un régime et le suivi de ce régime dans les deux groupes de patients testés, ce qui n'est pas le cas en pratique quotidienne. C'est aussi pourquoi les conseils alimentaires sont un soin pas seulement dans le cadre des maladies cardiovasculaires mais aussi chez les diabétiques, les patients ayant survécu à un cancer...
-Les bases sur lesquelles un conseil personnalisé peut être bâti doivent prendre en compte que nous avons hérité d'un corps forgé par des centaines de milliers d'années d'existence au paléolithique et que l'holocène, la transgression postglaciaire ne dure que depuis 12000 ans...
Alimentation-nutrition essentielle : comment faire en pratique? 
     Pour réintroduire les fruits et légumes frais, les protéines peu transformées et les lipides bruts il est indispensable de réduire le choix des aliments industriels.

  • Diminuer drastiquement les produits alimentaires au-dessous du seuil de 20% de la ration calorique, un produit alimentaire sort d'une usine, un aliment est le tout ou partie d'un être vivant végétal ou animal!
  • Diminuer drastiquement les sucres et particulièrement les amidons raffinés (pain, pâtes, pommes de terre, pizzas, sucre, pâtisserie, mais aussi sodas, jus de fruits, bonbons) est indispensable car notre consommation s'est envolée parfois même à notre insu.

     Ainsi votre caddy aura la place de transporter les fruits et légumes frais en insistant sur les légumes foliaires (verts), que vous éviterez de détruire en les cuisant et recuisant à toutes forces.
Ainsi vous pourrez consommer du poisson surtout gras source d'omégas 3 longue chaîne et de la viande fraîche ou des abats sources d'acides aminés, de fer et de vitamines B.
Vous trouverez aussi de la place pour les oléagineux entiers, noix, noisettes, amandes, noix de cajou ou bien olives!
     Votre alimentation sur ces bases correspondra mieux à votre organisme, sa génétique, sa physiologie. la « Glande jaune », le tissu adipeux se videront progressivement et de ce fait vous évacuerez aussi les xénobiotiques qui y sont stockés (pesticides, dioxine, médicaments et autres produits chimiques liposolubles). Petit à petit les métabolismes s'amélioreront et votre capital santé augmentera. Si vous suivez un traitement pour une maladie vous constaterez qu'il est plus efficace.
     Vous aurez ainsi partiellement remonté le temps car si notre cerveau s'adapte vite à la société de la connaissance, nos métabolismes orientés par des centaines de milliers d'années vers la survie et la gestion de la pénurie ont une faible marge d'adaptation contraire qui a été dépassée par la rupture alimentaire récente de la société d'abondance.

Pour en savoir plus :
http://dysnutrition.blogspot.com/

Régime paléolithique et alimentation contemporaine

    Le régime paléolithique se base sur les études de l'alimentation des humains depuis les derniers australopithèques (-2,6 millions d'année) au Néolithique (-8000 ans) soit la plus longue période de l'évolution de l'espèce humaine. Pendant le paléolithique les chasseurs-cueilleurs ne disposaient ni de céréales, ni de laitages (ou exceptionnellement), ni de légumineuses, mais plutôt d'une variété importante de végétaux (fruits, légumes et racines) et de petits animaux faciles à chasser ou bien de poissons très abondants. Il est évident que l'alimentation au paléolithique dépendait beaucoup du biotope car les déplacements étaient limités à une aire d'environ 50 kms. Au bord des lacs ou de la mer les algues, les fruits de mer étaient abondants et sans danger pour la cueillette même sans outils développés pour ce faire.
Aujourd'hui s'alimenter de cette manière conduit à éliminer les produits industriels et raffinés tels le sucre, les farines mais pas les racines, rhizomes et tubercules. Bien sur les jus de fruits et autres boissons sucrés n'existaient pas au paléolithique, même le miel était rare et dangereux à récolter (essaims sauvages de la forêt vierge).
    Cette alimentation n'est pas un régime d'amaigrissement mais plutôt une alimentation santé car elle diminue fortement la sécrétion d'insuline et le stockage adipeux qui va avec. Il s'ensuit que si on pratique une alimentation de type paléo à 80% on perd du poids de manière graduelle et durable. Au contraire de ce qui est souvent indiqué, cette alimentation repose sur de petits repas. Les périodes entre ces prises alimentaires peuvent donner lieu à d'autres prises notamment de fruits crus ou d'oléagineux (pignons, cajou, noisettes...). Il faut insister sur la prise de protéines dès le premier repas: oeuf, poisson séché, jambon cru... Ensuite la consommation de végétaux foliaires (salades) ou fleurs (choux, brocoli) est une excellente source de fibre et d'acide alphalinolénique (oméga 3 végétal).S'agissant des adaptogènes ils sont tout à fait présents dans cette alimentation car nos ancêtres avaient constaté l'effet stimulant des graines de café, des feuilles de thé, de la cola ou du cacao. Ils mâchaient ces végétaux et consommaient de l'eau en même temps. Enfin l'alimentation paléo est essentiellement crue c'est à dire très riche en vitamines, sels et oligo-éléments mais aussi en eau ! Les produits de la fermentation des fruits type kéfir ou vin étaient consommés en petite quantité pour des raisons évidentes de moyens de fabrication. Les quantités d'aliments au cours des repas sont naturellement adaptées à l'appétit car la satiété vient plus nettement avec les aliments crus et leur consommation prend plus de temps.

    Les avantages du régime paléolithique 
    Outre la perte de poids on observe avec cette alimentation un regain d'énergie après une phase de sensation d'épuisement d'environ deux semaines liée à l'adaptation métabolique. Il est en effet difficile de diminuer sa consommation d'hydrates de carbone (sucres et amidons). Il est donc préférable de choisir la période de  transition alimentaire dans son calendrier. il est indispensable pour favoriser cette adaptation métabolique et la reconstruction musculaire d'associer un programme de réentrainement physique adapté à chaque cas. Et surtout cette alimentation ne nécessite aucun supplément coûteux! Simplement des aliments de qualité. Donc ce que vous dépensez éventuellement en vitamines et autres suppléments, dépensez le en viande et poisson d'excellente qualité ! Enfin cette alimentation qui comprend bien sûr des abats (foie, cœur, cervelle) est très riche en vitamine D2 mais le manque d'exposition solaire de notre mode de vie peut néanmoins conduire à une hypovitaminose D. Il est donc essentiel même avec un régime paléo de doser sa vitamine D totale à la fin de l'hiver.

  Nous ne manquerons pas de vous donner des conseils pratiques sur ce régime « paléo » dans les prochaines lettres


N'oubliez pas que l'APMH organise des séjours marocains homéo-paléo!


Jeanne Calment

Jeanne Calment

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